Paysage près de Paris

George Michel

Paris, 1763 - 1843

Vers 1820 - 1825
Huile sur papier marouflé sur toile
75,5 x 105 cm
2005.2.1
Achat du musée avec l'aide de l'Etat et de la Région dans le cadre du FRAM, 2005
© Musée de Valence, photographie Béatrice Roussel

Information

Fils d’un employé des halles de Paris, c’est grâce à la protection du fermier général de Chalue que Georges Michel peut étudier auprès du peintre d’histoire Leduc, puis de Carle Vernet (1758-1836) et de Nicolas-Antoine Taunay (1755-1830). Ensuite, restaurateur au Louvre où il copie les paysagistes hollandais tels Jacob van Ruisdael (1638-1709) ou Meindert Hobbema (1638-1709), qui l’imprègneront profondément, il poursuit aussi une carrière personnelle et expose au Salon de 1796 à 1814. Il ne part pas pour l’Italie et Rome, mais parcourt Paris et ses environs, devenus sa « campagne romaine », en quête de motifs à peindre : Montmartre, les Buttes-Chaumont, la plaine Saint-Denis, espaces encore campagnards où l’on comptait une trentaine de moulins, seront ses lieux de prédilection.

Ainsi, le moulin, les éléments ciel et terre, deviennent ses sujets favoris. S’il puise une part de son inspiration dans le paysage hollandais du XVIIe siècle, sa force est de ne pas le pasticher mais de l’inscrire dans la modernité.

Ce Paysage près de Paris a été peint vers les années 1820-1825. Le ciel, chargé de nuages aux teintes ardoisées et prêts à crever en lourdes averses, en occupe les deux tiers. Le sol, large espace bourbeux, est à peine habité d’une charrette et d’un paysan qui peinent à avancer au creux des sillons du chemin. Tension dramatique d’une certaine « tragédie de la nature » et d’un sentiment de solitude de l’homme face aux forces et à l’immensité de celle-ci. La matière même de la peinture en traduit l’âpreté avec, dans les premiers plans du sol, ses larges aplats vigoureux, sillons, empâtements et couleurs de terres qui ne sont pas sans préfigurer la première période de Van Gogh, cinquante ans plus tard. La tourmente orageuse du ciel, peinte dans une matière plus fluide, ses violents contrastes de lumière et de tons du gris au noir farouche, accentuent cette sensation d’accablement.

À la charnière des XVIIIe et XIXe siècles, Georges Michel est l’un des précurseurs du paysage moderne, mêlant romantisme et naturalisme.


George Michel, Paysage près de Paris, vers 1820-1825 © Musée de Valence, photographie Béatrice Roussel

George Michel, Paysage près de Paris, vers 1820-1825 © Musée de Valence, photographie Béatrice Roussel