Os coché

12 500 ans av. J.-C. Azilien
Os
Saint-Nazaire-en-Royans, Grotte de Thaïs, Drôme
D 990.9.33
Dépôt de la commune de Saint-Nazaire-en-Royans, 2006
(c) Musée de Valence, photo Serge Van Poucke

Information

À la fin des années 1960, Jacques Léopold Brochier, archéologue, et son cousin Jacques-Elie Brochier, ont fouillé la grotte du Taï, désormais nommée grotte de Thaïs, à Saint-Nazaire-en-Royans. Les deux jeunes Drômois découvrent alors cet os au milieu des restes de faune et des outils en silex. L'objet date de la fin de la dernière période glaciaire, il y a 14 000 ans.

« Il faut le remettre dans son contexte. C’est là un moment important de l’Histoire, marquée par un réchauffement climatique. On sort de l’ère glaciaire, les derniers mammouths, bisons, rennes et chevaux sauvages remontent vers le nord, et la steppe disparaît. À la place, ça devient plus forestier, avec des cerfs, des sangliers, des bouquetins. » précise Jacques Léopold Brochier*.

L’Os coché est exposé depuis 2006 au musée, qui, lors de sa rénovation, s’est paré de ses encoches sur sa façade.

En 1991, l’archéologue américain Alexander Marschack, fort d’une étude recensant plusieurs os cochés européens, démontre qu’il ne s’agit pas d’une représentation décorative – idée qui était admise jusque-là - mais d’un système d’enregistrement symbolique.

Allant plus loin, il émet alors l’hypothèse que les entailles gravées correspondraient à la notation d’observations astronomiques. Néanmoins cette interprétation est aujourd'hui remise en question.

Un groupe de recherche de l’université de Bordeaux étudie actuellement l’os coché dans le cadre d’un projet européen Origin and Evolution of Cognitive Tools for Quantification (ERC QUANTA) qui porte sur les origines de la quantification du temps par l’homme. 

Les chercheurs travaillent à comprendre avec quels outils et quelles techniques cet objet a été gravé, avec quels pigments il a été colorié, quels gestes ont été nécessaires pour produire un tel objet, grâce à l’utilisation des nouvelles technologies d'imagerie scientifique.

Ces recherches sont racontées dans un dispositif numérique " on est tombé sur un os ! " qui permet de découvrir les expériences réalisées, les questions des chercheurs et de manipuler l'os en 3D. 

 

 


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