Chaumière près de l'étang

Théodore Rousseau

Paris, 1812 - Barbizon, 1867

Huile sur bois
21 x 30 cm
Th. Rousseau
P. 402
Achat du musée, 1957
© Musée de Valence, photographie Béatrice Roussel

Information

De 1834 à 1848, « grand refusé » des Salons où dominent les tenants du paysage historique, Rousseau va, à l’écart du milieu officiel, totalement renouveler la peinture de paysage. Formé dans l’atelier du paysagiste classique Jean-Charles Rémond, puis du peintre d’histoire Guillaume Guillon-Lethière (1760-1832), Rousseau copie les maîtres anciens au Louvre, en particulier les paysagistes hollandais du XVIIe siècle, mais découvre et étudie les peintres anglais contemporains tel John Constable (1776-1837) ou Richard Parkes Bonington (1802-1828), révélés au Salon de 1824. Après son échec au prix de Rome en 1829, il parcourt la France pour peindre sur le motif, découvre la forêt de Fontainebleau et en 1847 installe son atelier à Barbizon où le rejoignent Jean-François Millet (1814-1875), Charles Jacque (1813-1894), Diaz de la Peña... Poursuivant sans relâche une exploration toujours plus intime de la nature, il en fait selon Théophile Gauthier « le portrait, comme on ferait celui d’un dieu, d’un héros ou d’un empereur ». Après une commande de l’État en 1849, il obtient une critique quasi unanime à l’Exposition universelle de 1855.

Plus proche du paysage hollandais qu’il a souvent admiré, La Chaumière près d’un étang nous offre le panorama d’une campagne plus verdoyante et humaine, réalisée avec une matière plus lisse et fine, griffée de lignes verticales, diagonales ou circulaires pour traduire les formes et mouvements des végétaux, des arbres et nuées du ciel. Composition là encore en deux plans où s’opposent en haut le vide d’un ciel tout en nuances de blancs et de bleus, en bas la densité d’une terre où s’équilibrent les masses et les reflets.


Théodore Rousseau, Chaumière près de l'étang, 19ème s. © Musée de Valence, photographie Béatrice Roussel

Théodore Rousseau, Chaumière près de l'étang, 19ème s. © Musée de Valence, photographie Béatrice Roussel