La Sapinière

Antoine- Louis Barye

Paris, 1796 - 1875

Huile sur toile
18 x 24 cm
BARYE
P. 418
Achat du Musée, 1958
© Musée de Valence, photographie Eric Caillet

Information

Placé très jeune chez un graveur sur acier, Barye va s’initier à tous les aspects des métiers du métal. Entré à l’École des Beaux-Arts en 1818, dans l’atelier du sculpteur François-Joseph Bosio puis du peintre Jean-Antoine Gros, il reçoit une formation complète mais n’obtient que le second prix de Rome de sculpture en 1820. Son Tigre dévorant un gavial, exposé au Salon de 1831, lui apporte une reconnaissance certaine et le place comme chef de file des sculpteurs romantiques. Si c’est pour son premier travail d’orfèvre que Barye observe les animaux au Jardin des plantes, les fauves en particulier, il se consacre ensuite à la sculpture animalière qui lui apporte le succès. Créant une fonderie, il réalise à la fois des petits formats destinés à une clientèle d’amateurs, mais aussi, sculpteur apprécié de Napoléon III, des œuvres monumentales tel Le Lion et le serpent pour le jardin des Tuileries. Mais Barye fut aussi peintre et, au Salon de 1827 où il débute, il rencontre Paul Huet et Camille Corot.

À partir de 1849, il fréquente le village de Barbizon où il se lie d’amitié avec les peintres Théodore Rousseau (1812-1867), Narcisse Diaz de la Peña (1807-1876), Eugène Lavieille (1820-1889), retrouve Paul Huet, et peint en compagnie de l’un ou de l’autre.

Celui que son ami Delacroix appelait « le sculpteur paysagiste » nous propose ici un paysage de vérité de la forêt de Fontainebleau. Le sujet, un amas de rochers aux formes accidentées et usées qui apparaissent, tels des figures sculptées, dramatisées par la lumière d’un ciel bleu grisé où les nuages semblent reprendre les formes des roches. Rochers dont les courbes sinueuses entrent en opposition avec les lignes verticales et brunes des troncs d’arbres aux feuillages d’un vert sourd et monochrome. Si la composition est classique avec la masse rocheuse qui apparaît telle une frise entre un ciel nuageux et un sol vert, Barye, par le sujet, la vision en gros plan, le coloris austère, la touche vigoureuse et changeante, la matière dense, nous offre une œuvre moderne et audacieuse.

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Antoine-Louis Barye, La Sapinière, 19ème s. © Musée de Valence, photographie Eric Caillet

Antoine-Louis Barye, La Sapinière, 19ème s. © Musée de Valence, photographie Eric Caillet