L'Ange de l'Espérance

Antoine Bourdelle

Montauban, 1861 - Paris, 1929

Vers 1915-1918
Aquarelle
50 x 35 cm
A.111
Don de Madame Bourdelle, 1952
© Musée de Valence, photographie Béatrice Roussel

Information

Élève à l’Académie des Beaux-Arts de Toulouse puis à l’École des Beaux-Arts à Paris dans l’atelier Falguière (1831-1900), puis de Carpeaux (1827-1875), aide de Rodin (1840-1917) de 1890 à 1903, Bourdelle enseigne à l‘Académie de la Grande Chaumière à partir de 1909 et ses élèves seront Giacometti, Matisse, Maillol ou Germaine Richier. On connaît surtout ses sculptures, mais on sait moins qu’il fut aussi dessinateur et peintre.

Si ses premières œuvres sont empreintes d’un lyrisme certain, parfois même tentées par l’expressionnisme, très vite il substitue au modelage la construction par plans, énonçant : « Explorez, mesurez, faites-vous compas, faites-vous calculateur, pensez les formes en géomètre, faites-vous musicien des proportions ». C’est dans les œuvres de l’art archaïque grec et de l’art roman, expressions plastiques d’une haute spiritualité dont il admire la rigueur des formes et le modelé sommaire, qu’il puisera une part de son inspiration.

Le dessin fut aussi pour Bourdelle une passion : « Mais ce n’est pas un peu qu’il faut dessiner, c’est constamment. Le dessin c’est de la discipline... La base de la beauté, le savoir, c’est le dessin. La sculpture, finalement ce n’est pas autre chose que du dessin dans tous les sens ».

Cet Ange de l’Espérance appartient à la série d’aquarelles, exécutées par l’artiste entre 1915 et 1918 à la suite du bombardement de la cathédrale de Reims, dont la statuaire avait pour lui atteint un art de synthèse maîtrisant pensée, croyance et forme. Sa silhouette monumentale qui occupe tout l’espace de la feuille a été tracée d’un jet en quelques traits de crayon, sans souci de détails, puis reprise à l’aquarelle d’un geste sûr et vigoureux. C’est ainsi à la pratique du sculpteur et à sa relation à l’architecture que renvoie cet ange : dessin synthétique aux lignes et modelé simplifiés, espace plan et sans profondeur, formes et attitude stylisées, construction par plans colorés, qui ne sont pas sans évoquer quelque bas-relief. Silhouette épurée à laquelle la liberté d’usage de l’aquarelle et de ses transparences confère une intense charge émotive.

 

Cette œuvre n’est pas exposée dans le musée actuellement


Antoine Bourdelle, L'Ange de l'Espérance, vers 1915-1918 © Musée de Valence, photographie Béatrice Roussel

Antoine Bourdelle, L'Ange de l'Espérance, vers 1915-1918 © Musée de Valence, photographie Béatrice Roussel