Le Tombeau de Néron dans la campagne de Rome

Jean-Charles Rémond

Paris, 1795 - 1875

Huile sur papier marouflé sur toile
26 x 36 cm
P. 443
Achat du musée, 1965
© Musée de Valence, photographie Béatrice Roussel

Information

Entré à l’École des Beaux-Arts en 1814, élève de Jean-Baptiste Regnault (1754-1829) et de Jean-Victor Bertin (1767-1842), Jean- Charles Rémond est le second artiste, après Achille-Etna Michallon (1796-1822), à remporter, en 1821 avec L’Enlèvement de Proserpine, le Prix de Rome du Paysage Historique créé par Pierre-Henri de Valenciennes (1750-1819) en 1816. Il séjourne pendant cinq ans à la Villa Médicis, parcourant l’Italie, la Sicile, et les dessins et études qu’il y produit sur le motif dans la nature selon les conseils de Valenciennes, seront une source d’inspiration permanente pour les paysages historiques de facture classique et ambitieuse qu’il réalisera ensuite. Rentré en France, il ouvre un atelier à Paris, fait publier plusieurs recueils de lithographies à partir de ses études italiennes ainsi que deux traités sur le paysage1, voyage à travers la France mais aussi en Suède, en Suisse, retourne en Italie et poursuit une carrière avec des envois au Salon et grâce à des achats officiels.

Ce petit Tombeau de Néron dans la campagne de Rome est une étude d’après nature, telle qu’il les multiplie en Italie, dans une facture libre qui abandonne un temps les règles imposées de la formation académique. Étude bien plus naturaliste qu’historique, même s’il « l’ennoblit » par un tombeau antique du nord de Rome sur la route de Caprarola et par la coupole de Saint-Pierre perceptible dans les lointains. Dans une exécution souple et enlevée, une matière preste et fluide, une composition qui étage les plans en estompant la perspective, et un éclairage qui joue entre zones d’ombre et de lumière, elle nous offre la vision un peu austèred’une nature aride et encore sauvage peinte dans un jeu subtil de coloris du beige au gris, mais animée d’un troupeau et d’un pâtre.


Jean-Charles Rémond, Le Tombeau de Néron dans la campagne de Rome, 19ème s. © Musée de Valence, photographie Béatrice Roussel

Jean-Charles Rémond, Le Tombeau de Néron dans la campagne de Rome, 19ème s. © Musée de Valence, photographie Béatrice Roussel