Les Nobles Fardeaux

Antoine Bourdelle

Montauban, 1861 - Paris,1929

Vers 1910
Bronze
125 x 34 x 52 cm
Sc.102
Achat du musée, 1953
© Musée de Valence,

Information

Élève à l’Académie des Beaux-Arts de Toulouse puis à l’École des Beaux-Arts à Paris dans l’atelier Falguière (1831-1900), puis de Carpeaux (1827-1875), aide de Rodin (1840-1917) de 1890 à 1903, Bourdelle enseigne à l‘Académie de la Grande Chaumière à partir de 1909 et ses élèves seront Giacometti, Matisse, Maillol ou Germaine Richier. On connaît surtout ses sculptures, mais on sait moins qu’il fut aussi dessinateur et peintre.

Si ses premières œuvres sont empreintes d’un lyrisme certain, parfois même tentées par l’expressionnisme, très vite il substitue au modelage la construction par plans, énonçant : « Explorez, mesurez, faites-vous compas, faites-vous calculateur, pensez les formes en géomètre, faites-vous musicien des proportions ». C’est dans les œuvres de l’art archaïque grec et de l’art roman, expressions plastiques d’une haute spiritualité dont il admire la rigueur des formes et le modelé sommaire, qu’il puisera une part de son inspiration. 

Pour ces Nobles fardeaux, image d’une Vierge à l’enfant médiévale ou d’une korê grecque porteuse d’offrandes qui seraient rendues à la quotidienneté de la vie, l’artiste a choisi pour modèle sa femme Cléopâtre, dont on reconnaît le fin visage triangulaire et la couronne de tresses coiffée d’un fichu.

À partir d’une étude de petites dimensions, il procèdera ensuite par agrandissement, pour réaliser, dans ce cas, deux autres modèles de grandes dimensions, en supprimant l’anecdote, en épurant les lignes, les volumes et les modelés, en renonçant au mouvement et en réduisant l’ensemble aux « plans nécessaires » et aux éléments significatifs, pour créer une œuvre à l’austère intensité.


Antoine Bourdelle, Les Nobles Fardeaux, vers 1910 © Musée de Valence, photographie Béatrice Roussel

Antoine Bourdelle, Les Nobles Fardeaux, vers 1910 © Musée de Valence, photographie Béatrice Roussel