Paysage bourbonnais, environs d'Hérisson

Henri Harpignies

Valenciennes, 1819 - Saint-Privé, 1916

1877
Huile sur toile
29 x 22,5 cm
Harpignies, 1877
P. 416
Achat du musée, 1958
© Musée de Valence, photographie Eric Caillet

Information

Refusant une carrière dédiée aux affaires commerciales dans les entreprises paternelles, Henri Harpignies ne réussit à se consacrer réellement à la peinture qu’à partir de 1846. Élève de Jean Alexis Achard (1807-1884), avec qui il liera une solide amitié et voyagera en France, en Hollande et dans les Flandres, Harpignies sera profondément marqué par les œuvres italiennes de Corot qu’il admire et rencontre en 1853. Italie qu’il découvre en 1851, où il retourne entre 1863 et 1865 puis en 1895, avec Eugène Boudin à Venise, et à propos de laquelle il écrit : « J’aimais la forme, elle existe là par excellence comme partout dans la campagne romaine. C’est là que je l’ai bien comprise, elle a été mon guide pendant toute ma carrière ».

À partir de 1854, il travaille régulièrement dans la forêt de Fontainebleau mais garde une distance certaine avec les peintres de Barbizon. En 1861, il s’installe dans l’Allier à Hérisson puis à Saint-Privé où il achète une maison et peint tous les étés jusqu’en 1878, alors qu’il passe l’hiver dans le sud de la France où il retrouve Félix Ziem (1821-1911), installé à Nice.

Dans ce Paysage bourbonnais, environs d’Hérisson, c’est au travers de l’un de ses thèmes de prédilection, celui des arbres, que renonçant au détail et à l’anecdote, Harpignies applique la leçon italienne, mais aussi celle du paysage classique, en construisant son œuvre en formes colorées, modelées par une lumière éclatante, où la synthèse l’emporte sur le détail. Mais dans cette construction, il sait rendre toute l’atmosphère du lieu et son intensité lumineuse, en utilisant une palette claire aux tons limités de verts et d’ocres rompue du seul bleu du ciel. Mais aussi en recherchant les « rythmes » de la nature traduits en plans qui s’échelonnent, telles les deux masses latérales des arbres qui se croisent à la lisière de la lumière et de l’ombre, ou encore les scintillements colorés de la lumière et de la couleur dans les feuillages ou sur les masses herbeuses du sol et des rochers terreux.

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