La Place Louis XV vue des fossés

Hubert Robert

1733 - 1808

vers 1766 - 1768
Sanguine brûlée
28 x 36,2 cm
Signé en bas à droite : Ro Et sur la monture : paraphe d'Hubert Robert
D.42
Don J.-V. Veyrenc, 1835
© Musée de Valence

Information

Datée des années 1766-1768 par Jean de Cayeux, cette sanguine représente un des aménagements majeurs de Paris au XVIIIe siècle qu’Hubert Robert découvre après onze ans de séjour à Rome, celui de la nouvelle place royale – aujourd’hui place de la Concorde – par l’architecte Ange Jacques- Gabriel, directeur de l’Académie et architecte du roi entre 1755 et 1772, dans ce quartier encore peu bâti. Aménagement destiné à relier deux lieux de promenade, le jardin des Tuileries et les Champs-Élysées, afin de créer un vaste espace destiné aux fêtes publiques au centre duquel sera érigée la statue équestre de Louis XV, aujourd’hui remplacée par l’obélisque de Louxor. La place communiquait alors avec le jardin des Tuileries par un lieu dit « l’esplanade du pont tournant », qu’Hubert Robert a représenté dans une autre sanguine conservée au musée de Besançon.
L’encombrement du chantier, qui provoqua lors du feu d’artifice tiré pour le mariage du dauphin – futur Louis XVI – avec Marie-Antoinette, une bousculade qui fit plusieurs morts, fut sans doute à l’origine de l’annulation de la peinture d’Hubert Robert qui aurait dû représenter cet événement.
 
Hubert Robert, curieux et intéressé par les modernités de son siècle autant que par les ruines antiques, ne pouvait que dessiner ce lieu et ses transformations. Pour cela, il s’est placé en contrebas, dans le fossé qui entoure la place, afin de nous offrir une vue diagonale sur le côté nord de la place et les deux grands bâtiments qui la ferment, dont celui du nord-est est occupé par le garde-meuble royal. Lieu encore en chantier, entre campagne et ville, où charrettes, foin et glaneuses viennent occuper la moitié basse de la feuille exécutée dans une sanguine grasse qui contraste avec la légèreté du trait des architectures et des badauds surplombant le fossé depuis la balustrade, dans la moitié supérieure. Une autre sanguine, conservée au musée Carnavalet à Paris, offre, en dimensions plus importantes, le même point de vue mais avec des personnages supplémentaires.

Hubert Robert, La place Louis XV vue des fossés, Sanguine brûlée © Musée de Valence, photographie Cédric Prat, Studio L'Œil Ecoute

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